Rencontres avec Marie-Caroline – Serial Entrepreneur – épisode 1

Fotolia_133837469_Subscription_Monthly_M.jpgMarie-Caroline s’est toujours dit avec son mari que l’expatriation est une aventure à vivre. L’opportunité d’un premier départ s’est présentée au bout de 3 ans de mariage alors qu’elle avait créé une agence de relations presse à Paris qui fonctionnait plutôt bien. A cette époque, sa vie professionnelle était au beau fixe, son mari toujours en déplacement et pas encore d’enfant. Elle n’a donc finalement pas hésité très longtemps, étant persuadée qu’il fallait saisir les opportunités quand elles se présentaient. Départ pour l’Angola, non sans une certaine appréhension mais avec beaucoup d’enthousiasme. A ce moment là, elle était assez persuadée qu’elle pourrait trouver un travail dans la communication. Marie-Caroline nous raconte dans ce 1er épisode comment son expérience en RDC lui a donné des ailes pour créer son business en Colombie.

Une première expérience de gestion d’entreprise pendant ton expatriation en RDC avant de créer ton business en Colombie. Qu’as-tu appris?

Mon diplôme d’école de communication en poche, je suis rentrée dans le groupe Publicis en tant que consultante en relations presse RH où je suis restée 4 ans avant de créer NeoDialogue, ma propre agence de relations presse RH. L’appel de l’expatriation m’a donc fait quitter cette belle aventure pour l’Angola où, faute de visa de travail, je n’ai finalement pas pu décrocher le job de mes rêves.

Notre départ à Muanda, petit village de RDC m’a encouragée à m’associer à ma maman qui avait une très jolie entreprise de linge de maison (Vanille Acajou) et à l’aider dans la gestion administrative et le site internet. Nous avons ensuite revendue notre petite entreprise et je suis partie (toujours pour suivre mon mari) en Colombie.

Après 3 ans en brousse, je débordais d’envie et d’énergie et le moment m’a semblé bien choisi pour réaliser un de mes rêves : créer une boite de vêtements pour enfants. Je me suis donc associée à une amie styliste, expat en Inde, et nous avons créé MariNoceros.

D’où est venue l’idée de Marinoceros ?

MarinocerosPlusieurs choses m’ont menée à MariNoceros:

  • L’expatriation tout d’abord et le fait de comprendre que plutôt que de chercher du travail, la meilleure méthode était de se le créer.
  • L’envie depuis longtemps de travailler avec mon amie styliste sur un projet commun.
  • Et la difficulté à trouver des vêtements sympas pour mes 3 enfants dans les différents pays où nous avions vecus.

La Colombie semblait un pays tout indiqué pour cette activité, car il existe de nombreux ateliers de confection et l’offre pour les vêtements d’enfants est assez pauvre. Il y avait donc de quoi fabriquer et vendre!

Quelles étaient tes peurs à ce stade ?

Je n’ai pas vraiment eu de peurs, plutôt des étapes à passer, comme:

  • la création d’une entreprise dans un pays étranger et une langue que je maitrisais peu,
  • la recherche d’un atelier fiable, de fournisseurs de tissus et de mercerie, etc.
  • l’apprentissage d’un nouveau métier

Mais plus que de la peur, je dirai que c’était de l’excitation. Et puis je dois dire que j’ai été super bien aidée par une amie avocate, rencontrée à Bogota!

Que te disaient les gens autour de toi ?

Les gens m’ont un peu prise pour une folle. Arriver dans un pays inconnu pour seulement 3 ans, avec 3 enfants en bas âge, et se lancer dans une activité très éloignée de ce que j’avais fait avant… La question récurrente était: « Mais qu’est ce que tu vas en faire après? » et ma réponse inlassablement « Je me poserai la question quand viendra le moment! »

Finalement ça a marché ?

MariNoceros a rencontré un certain succès et j’ai vendu un peu plus de 7000 pièces dans des boutiques, ventes privées et différentes Ferias. Ca ne nous a pas fait vivre mais avec plus de temps, ça aurait pu se developper. Nous avons fermé en partant de Colombie car le modèle n’est pas viable à l’étranger et ce n’est pas une activité vraiment transportable.

En quoi cette expérience a-t-elle été utile pour la suite ?

Cette expérience m’a apporté énormément, car d’abord j’ai appris l’espagnol, découvert Bogota au-delà du cercle des expatriés. Ca m’a poussé à me bouger, à rester dynamique, à rencontrer des gens, à developper ma créativité, à rester active et tout bêtement à avoir quelque chose à mettre sur mon CV!

Ce serait à refaire, que ferais-tu ?

La même chose sans hésiter sauf que j’essaierai peut-être de trouver un(e) partenaire sur place pour partager l’experience, les galères et les bonnes nouvelles!

Un conseil pour les possibles entrepreneurs qui ont peur de l’échec ?

Je pense qu’il faut croire en son projet assez fort pour ne pas écouter les questions des autres. L’expatriation nous offre des opportunités que nous n’aurions jamais eu autrement. Comment parler d’échec quand on voit tout ce que l’entrepreneuriat apporte d’expériences, de rencontres et de développement de soi?