Etre membre du Comité de Gestion d’un établissement scolaire: une mission bénévole passionnante!

IMG_0041Françoise M. a été expatriée 2 ans en Norvège et 3 ans en Finlande. Pendant cette période elle s’est beaucoup investie au sein du Comité de Gestion des établissements scolaires français. Elle nous raconte ces expériences passionnantes.

  • Bonjour Françoise, pourriez-vous nous présenter le rôle d’un Comité de Gestion et l’activité que vous y avez eu?

Les établissements scolaires français à l’étranger font partie, pour une large part, du réseau de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger). Environ un tiers de ces établissements sont conventionnés, c’est-à-dire qu’ils sont gérés par une association de droit privé et ont passé une convention administrative, financière et pédagogique avec l’AEFE. C’est le cas du lycée français René Cassin à Oslo et de l’école Jules Verne d’Helsinki. Les membres de l’association sont l’ensemble des parents d’élèves, qui élisent une fois par an le Comité de Gestion auquel, outre les parents bénévoles, est associé notamment la direction de l’établissement.

Le Comité prend toutes les décisions relatives aux questions financières, notamment la fixation des frais de scolarité, à l’emploi sous contrat local, à la stratégie à long terme et à la communication. A Oslo, j’ai assuré le poste de trésorière, à Helsinki celui de secrétaire puis de vice-présidente.

  • Quelles sont les compétences nécessaires pour pouvoir exercer cette activité?

L’équipe du Comité de Gestion, généralement une dizaine de parents, met en œuvre différentes compétences, d’où l’intérêt d’avoir des profils variés parmi ses membres. Pour ma part, mes compétences en matière financière (comptabilité, analyse financière) m’ont été utiles pour la compréhension rapide des enjeux financiers et le pilotage budgétaire. Mes capacités rédactionnelles et de synthèse ont été un atout en termes de communication (présentations, refonte d’un site web). Au sein du Comité de Gestion, nous avons aussi bénéficié de l’expertise de juristes maîtrisant le droit local, de pros du marketing, de la communication, des RH ou de l’informatique.

  • Quelles compétences avez-vous développées ?

J’ai clairement développé ma capacité à initier et à coordonner des projets dans des domaines aussi divers que les RH, la stratégie ou la communication, domaines qui m’étaient jusqu’alors peu connus.

  • Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans cette expérience?

Le domaine des ressources humaines a souvent été source de difficultés et d’incompréhensions. En effet, les décisions concernent souvent des personnes (enseignants, assistants, surveillants) que l’on côtoie quotidiennement et qui œuvrent pour le bien de nos enfants. Toutes les décisions ne sont pas faciles à prendre, surtout dans un établissement de petite taille où toute la communauté se connaît !

  • Un conseil pour ceux qui hésitent à avoir une activité bénévole? 

Tout parent d’élève intéressé par la vie de l’établissement scolaire de ses enfants est susceptible de participer au Comité de Gestion. Il suffit d’y consacrer un peu de son temps et d’accepter de s’engager pour la communauté et non pour ses intérêts personnels. C’est une expérience riche, qui permet de nouer des liens privilégiés avec le personnel de l’établissement et le poste diplomatique, mais aussi d’appréhender en profondeur et d’influer sur beaucoup d’aspects de la vie d’un établissement scolaire, ce qui est impossible en France !

  • Et aujourd’hui, comment cette expérience bénévole vous aide dans votre projet professionnel?

Avec le développement de nouveaux talents et savoir-faire lors de cette expérience, je suis plus confiante dans ma capacité à me reconvertir professionnellement, de retour en France.

  • En quoi, selon vous cette expérience bénévole est aussi riche qu’une expérience salariée ou entrepreneuriale?

J’étais salariée dans une banque en France avant mon expatriation. Cette expérience bénévole m’a parue bien plus riche. En effet, l’équipe de bénévoles étant réduite, on est rapidement amené à se positionner sur des sujets très variés. Pour ceux qui voudront réellement s’y impliquer, elle peut s’assimiler à la gestion d’une entreprise par de nombreux aspects, même si le monde de l’éducation est parfois loin des codes du secteur privé.

  • Pourquoi était-il important pour vous de partager cette expérience avec les membres d’Expat Value?

Les expatriés doivent reconnaître que dans le réseau de l’enseignement français à l’étranger, les parents ne sont pas seulement des usagers voire des clients, mais de véritables partenaires et membres à part entière de l’institution scolaire. L’action des parents élus dans les Comités de Gestion mérite une meilleure reconnaissance.