Les bienfaits du bénévolat pour le projet que l’on sert, mais aussi pour les bénévoles!

Happy volunteer family putting their hands togetherAgir dans le cadre d’une mission bénévole, c’est agir pour une cause dans laquelle on croit et qui nous semble juste et bonne. C’est un des bienfaits du bénévolat et c’est souvent la raison première de nos engagements bénévoles: il profite aux bénéficiaires! Certes, mais une mission bénévole peut aussi avoir des bienfaits pour le bénévole lui même.

Nadège est une multi-expatriée, qui, à chaque expatriation, a travaillé: soit comme salariée, soit comme entrepreneur. Lors de son expatriation en Indonésie, n’ayant pas de permis de travail, elle a choisi de s’investir à temps plein bénévolement, en tant que responsable du département  “objets en bois” dans une association d’insertion par le travail pour des adultes paralysés moteurs. La dimension sociale de cette mission était importante pour elle.  Elle voulait aider, et finalement c’est cette mission qui l’a aidée à vivre plus sereinement et pleinement cette expatriation.

Quel a été ton parcours professionnel jusqu’à cette expérience dans le bénévolat?

J’ai travaillé pendant 10 ans dans la publicité en tant que coordinatrice internationale et directrice de clientèle. Je suis partie en expatriation pendant 2 ans en Russie où mon mari m’a suivie. Puis départ pour la Nouvelle-Zélande pour son boulot à lui cette fois. J’ai du quitter mon poste et j’ai monté ma boite d’importation de vêtements nautiques de la marque Decathlon.

Apres 4 ans, 2 enfants et une nouvelle nationalité dont je suis fière (être un kiwi d’adoption, c’est fabuleux), nous sommes partis en Tchèquie où je suis retournée dans la publicité, mais peu de temps, puisque nous sommes partis en Hongrie. Là, j’ai décidé de ne plus chercher en agence de publicité et j’ai travaillé pour une agence de relocation. En fait, je savais que c’était ce que je savais le mieux faire!

Puis départ pour l’Italie, et l’Indonésie où, là, travailler est très difficile pour les “trailing spouses”. Il était nécessaire pour moi de trouver autres choses à faire, mais pas n’importe quoi. C’est là que j’ai découvert ce qui allait occuper toutes mes journées pendant 2 ans de ma vie, et j’avoue que cela a été ma bouée de secours dans un environnement que je trouvais très difficile.

Peux tu nous présenter la structure, ta mission?

Capture d_écran 2017-04-20 à 10.16.37J’ai rejoint “Wisma Cheshire” pour Jakarta. C’est une organisation caritative qui procure aux paralysés moteurs un lieu de vie et des opportunités d’apprentissage et de formation dans le but d’une réinsertion.

Il y avait une place vacante pour le poste de responsable du département “objets en bois”, et ma mission était:

  • de continuer la production des objets existants en assurant la qualité, mais aussi en développant de nouvelles idées
  • de trouver des moyens de marketer les produits via les bazars.

De quelles compétences as-tu eu besoin pour pouvoir exercer cette activité?

  • Etre organisée.
  • Savoir établir des devis et des rétro planning en prenant en considération les limites physiques des résidents dues à leurs handicaps.
  • Avoir un bon sens de la communication, être motivée, et savoir motiver les autres.
  • Avoir de l’entrain.
  • Savoir gérer des personnes qui ont vécu des moments très difficiles et qui parfois peuvent se montrer brusques, insolentes et non coopératives. Il faut donc être perspicace, empathique tout en sachant doser ce que les residents sont capables de faire et de ne pas faire.
  • Savoir travailler en équipe.

J’ai découvert que lorsque j’avais une passion ou un projet qui me tenait à coeur, j’étais capable de “contaminer” les autres et de rendre ce projet un « real team work success ».

Qu’est ce qui a été difficile dans cette expérience?

Gérer des personnes handicapées qui ont développé beaucoup de négativité, et qui ont des souffrances physiques multiples et variées dues à leur handicap et qu’il faut quand même aider à se dépasser.

Un conseil pour ceux qui hésitent à avoir une activité bénévole? 

Lorsqu’on se lance dans le bénévolat, il faut choisir un projet qui nous fait plaisir. Car sans plaisir et bonheur à se dévouer et donner de son temps aux autres, il est difficile de rencontrer le succès. Et il faut se nourrir de ce plaisir.

Pour ma part, j’ai fait du benevolat parce que l’organisation pour laquelle je le faisais me passionnait: je suis créative, j’ai plein d’idées d’objets et j’ai adoré les développer avec “my team”. J’ai aussi aimé travailler avec d’autres femmes, des indonésiennes, des trailing spouses comme moi et de pouvoir partager des moments uniques. C’est grâce à tout cela que le bénévolat m’a nourri!

Pourquoi était-il important pour toi de partager cette expérience avec les membres d’Expat Value?

Dans cette expérience de bénévolat, j’ai travaillé comme une salariée, j’ai eu des responsabilités comme une salariée, en fait tout ce que je n’ai pas eu c’est le salaire. Pour le reste, c’était comme avoir un métier, avec peut-être un peu plus de bonne humeur! Car tous ceux et celles qui ont partagé cette expérience avec moi avaient le sourire. Bref, un boulot dans la bonne humeur!

Et puis, cette expérience m’a aidée à m’intégrer dans une ville que je n’aimais pas. Mes débuts à Jakarta ont été très difficiles. Grâce au bénévolat, j’ai rencontré des gens extraordinaires, des locaux qui m’ont montré un autre visage de leur ville et de leur pays, mais aussi nous avons partager du rire, de l’espoir, des réussites, même des mariages ! Donc je voulais dire à ceux qui comme moi ont parfois étaient ou sont confrontées à des moments difficiles dans un nouveau pays, le bénévolat peut vous aider à voir ce même endroit éclairé d’une autre manière et qui, tout d’un coup, le rend plus vivable, presque « aimable ». Mais il est important de trouver la bonne mission de bénévolat, et ne pas prendre n’importe quoi. Même dans le bénévolat, comme dans le monde du travail il faut savoir dire non !