Le bénévolat: pour vivre une expérience inter-culturelle forte

20170321_103931Amélie Carlier vient de vivre 2 ans en Inde, à Delhi. Attirée par les sujets liés à la petite enfance, elle a choisi de rejoindre en arrivant là-bas « Main tendue » et de mettre à disposition son temps et ses compétences pour différentes missions au sein de cette association, en tant que bénévole.

Elle témoigne de ce qu’elle a fait et en quoi cette expérience a été riche pour elle. Cette expérience lui a permis de participer à un projet commun tout en s’adaptant à une autre culture.

Quel a été ton parcours professionnel jusqu’à cette expérience dans le bénévolat?

Mon parcours professionnel est un peu atypique. J’ai obtenu un bac scientifique à la suite duquel j’ai démarré une formation pour devenir Assistante Sociale, que je n’ai pas terminée. Je ne me retrouvais pas dans ce que je faisais. J’ai ensuite passé un CAP Petite Enfance à distance sur 7 mois. Je faisais des baby sitting réguliers et occasionnels à coté. Quelques mois plus tard j’ai passé le concours d’entrée en école d’Auxiliaire de Puériculture. Je suis arrivée sur liste d’attente et nous avons eu au même moment la proposition pour partir 2 ans en Inde.
Je suis donc partie en me disant que je repasserai le concours au retour. Etant partie à 21 ans, mon expérience professionnelle n’était pas encore trop développée.
Quelles ont été tes missions pendant ces 2 années de bénévolat? 
Durant ces 2 années, j’ai fait plusieurs choses. J’ai découvert Main Tendue lors de mon voyage de découverte. Main tendue est un trust indien qui soutient 11 ONG à Delhi. Ces ONG viennent en aide aux femmes, aux enfants et aux personnes en situation de handicap, par le support de différentes missions. Main tendue a à sa tête deux trustees indiennes et ensuite une équipe de bénévoles français ( Président, Vice président, Trésorier, Responsable Get Involve, Coordinateurs, .. ).
J’ai commencé par intervenir dans une ONG, Torch, qui est comme une preschool: on prépare des enfants qui vivent dans la rue avec leur famille à aller à l’école. J’y allais quelques heures plusieurs fois par semaine.
Quelques semaines après, à la suite d’un départ, j’ai remplacé la coordinatrice. Je faisais le lien entre Main Tendue et Torch quand c’était nécessaire et je participais aux Comités d’Administration.
Enfin, pendant quelques mois avant mon départ, j’ai été responsable du Get Involved de Main Tendue. Mon rôle était d’orienter les personnes qui souhaitaient intervenir régulièrement ou ponctuellement au sein d’une ONG. Je les mettais en lien avec les ONG.
Quelles sont les compétences qui étaient nécessaires pour pouvoir exercer cette activité?
Ah … Cette question n’est pas évidente … Je ne saurai pas vraiment dire ce qui est nécessaire ou non.
  • Il faut être motivé: la réalité face à laquelle on se trouve n’est pas toujours facile à accepter.
  • Il faut aussi savoir prendre du recul: on apporte chacun une petite chose à l’ONG mais on ne peut pas changer le monde.
  • Il faut accepter que notre vision n’est pas forcément la même partout, que la culture et la façon de faire locale n’est pas bonne ou mauvaise mais différente.
Quelles compétences as-tu acquises?
Je pense que je vois les choses différemment, je relativise plus qu’avant et j’ai acquis beaucoup de patience.
Qu’est ce qui a été difficile dans cette expérience?
Se dire que même si on a l’impression de faire peu, c’est beaucoup pour les personnes qui reçoivent.
Accepter, car comme je le disais plus haut: la culture est différente. Ne pas être déçu si on arrive à inscrire un enfant à l’école et qu’il arrête peu de temps après. On a fait ce qu’on a pu et on ne peut pas aller contre la volonté des parents.
Un conseil pour ceux qui hésitent à avoir une activité bénévole? 
N’hésitez pas, foncez, vous ne le regretterez pas!
Une anecdote à nous partager de cette expérience? 
Un jour, j’ai visité une association, Seva Oasis, également soutenue par Main Tendue, qui accueille des enfants au milieu d’un bidonville où ils habitent et on leur donne des cours d’anglais, maths, hindi, … afin de leur faire intégrer des bonnes écoles. On a traversé le bidonville, on se demandait où on allait. Et tout à coup, on s’est retrouvé dans une petite école, au milieu de ce bidonville, décorée, colorée, chaleureuse. Comme quoi, il ne faut pas se fier à sa première impression!
Et aujourd’hui, comment cette expérience bénévole t’aide dans ton projet professionnel?
Aujourd’hui je ne peux pas encore trop dire. Cela m’a permis d’enrichir mon CV. Mais je suis rentrée il y a peu et il est encore trop tôt pour dire comment cela va m’aider.
En quoi, selon toi, cette expérience bénévole est aussi riche qu’une expérience salariée ou entrepreneuriale?
C’est différent. Mais au final, selon ce que vous faites et comment vous le faites, ça peut vous apporter la même chose.
Je suis arrivée à Delhi à 21 ans, je savais que je resterai 2 ans, et je savais également que les conditions pour obtenir un travail à Delhi étaient compliquées quand on est accompagnateur. Je ne voulais surtout pas rester 2 ans sans rien faire.
Au final j’ai mis cette activité dans mon CV, comme une expérience professionnelle. Car même si c’était bénévole, c’est une vraie  expérience.
J’ai eu des attestations pour ce que j’ai fait: je pourrais éventuellement m’en servir un jour pour une VAE.
Et puis personnellement c’est aussi une grande expérience. Je pense que j’ai reçu plus que j’ai donné. Ces regards qui brillent, les simples mercis, le sourire des personnes avec qui vous partagez ces moments, vallent plus que n’importe quel salaire.
Pourquoi était-il important pour toi de partager cette expérience avec les membres d’Expat Value?
Parce que cette expérience a été importante pour moi. Peut-être que si certaines personnes hésitent, ce témoignage pourra les aider dans leur reflexion.
Personnellement j’étais décidée en arrivant. Je n’ai pas hésité, mais j’aurai pris plaisir à lire l’expérience de quelqu’un d’autre avant de me lancer.
Et puis, chacun vit son expérience de manière différente et je trouve que c’est intéressant d’avoir différents points de vue.
Propos recueillis par Blandine Lavaux