Cristina réinvente sa carrière professionnelle en créant le Podcast Expat Heroes

fullsizeoutput_e4Expat Value aime présenter des parcours atypiques et des projets novateurs, portés par des conjoints expatriés. Et nous sommes heureux de vous présenter celui de Cristina qui a lancé depuis quelques mois LE Podcast à destination des expatriés: Expat Heroes. Alors quoi de mieux pour la découvrir et connaître ce projet, que d’utiliser un Podcast! A écouter et partager sans modération!


Chaque mois, Expat Value vous proposera de découvrir un nouvel épisode du Podcast Expat Heroes. Et si vous ne pouvez attendre, abonnez-vous dès maintenant pour découvrir tous les épisodes!

Nous vous proposons aussi de lire l’interview de Cristina FILIPE ARAUJO, fondatrice d’Expat Heroes.

ExpatValue: Bonjour Cristina, tu vis à l’étranger comme beaucoup d’entre nous. Depuis combien de temps es-tu expatriée ?

Cristina: Ca fait bientôt 8 ans que je suis en expatriation. J’ai d’abord suivi mon époux à Madrid. J’avais pris à l’époque un congé parental. J’ai très mal vécu mon nouveau statut de femme au foyer ou de « femme de ». Donc j’ai repris mes études là-bas. 2 ans après, à mon retour en France, j’avais un Master de Communication en poche que j’ai pu finalement valoriser auprès de mon employeur. Je dis finalement parce que j’ai dû vraiment me battre en interne pour retrouver un poste. C’est comme si je devais repartir de zéro alors que mon entreprise m’avait promis une évolution avant mon départ à l’étranger. Quand mon mari a eu une nouvelle opportunité pour un départ en Suède, j’ai décidé de démissionner. Et là, j’ai été confrontée au choc culturel suédois. Je me suis vite rendue compte, après l’envoi d’une centaine de CV, que parler anglais, espagnol et portugais ne suffirait pas pour trouver un poste surtout dans mon domaine, celui de la communication web. Donc j’ai appris le suédois, j’ai commencé à me construire un réseau. Malheureusement au moment-même où j’étais en discussion pour un poste, mon mari m’a annoncé que nous allions repartir à cause d’une réorganisation dans son entreprise. On est revenu en France. J’ai retrouvé avec beaucoup d’émotion en un mois seulement un contrat en tant que responsable de communication. Et puis, mon mari a eu une proposition pour un poste au Royaume-Uni. On a mûrement réfléchi et on a dit oui.

ExpatValue: Donc tu es aujourd’hui au Royaume-Uni. Tu profites de cette 3ème expatriation pour lancer Expat Heroes, un podcast audio qui met en lumière la vie des français à l’étranger. Pourquoi t’être lancée dans ce projet en lien avec l’expatriation ?

Cristina: Après les déceptions à répétition que j’avais vécu auparavant, c’est-à dire qu’à peine retrouvé un poste, je devais redéménager, j’ai décidé d’essayer de construire une carrière nomade. En tout cas, faire quelque chose d’hors du commun que je n’aurais jamais tenté dans une vie routinière en France. Profiter de ce temps disponible en tant que conjoint suiveur pour mener un projet qui me fasse vibrer. Et aussi un projet que je puisse valoriser dans mon parcours professionnel.

ExpatValue: Et pourquoi un podcast ?

Cristina: J’écoute des podcasts depuis très longtemps, depuis bientôt 10 ans. Lors de mon dernier poste, la supervision des podcasts faisait partie de mes missions. Et là, ça a fait tilt. Je me suis dit: mais pourquoi je ne créerais pas un podcast dédié à la vie des français à l’étranger? Un podcast qui mette en lumière des francophones qui se sont installés à l’étranger et qui se sont réalisés d’un point de vue personnel ou professionnel. Internet regorge d’informations sur l’installation à l’étranger, de blogs, de groupes Facebook avec des guides pour s’installer à l’étranger. Et puis, sur place, on peut se rapprocher d’autres français, on va dans les structures d’accueil à l’étranger. Mais on n’a pas de podcasts qui mettent en valeur des français expatriés qui se sont réalisés à l’étranger d’un point de vue personnel ou professionnel. On a des podcasts sur l’univers du voyage, des gens qui partent faire le tour du monde, en mode nomade. Mais pas de podcast en français sur l’impact personnel et humain de l’expatriation. Et moi, d’avoir ce type de témoignages, ça m’a vraiment manqué à l’étranger. Parce que c’est pas qu’ un déménagement, c’est un vrai déracinement.  Et avec le podcast Expat Heroes, j’ai envie d’apporter à ceux qui sont à l’étranger, parfois en perte de repères, du réconfort, de l’inspiration, leur donner la force de se réaliser à l’étranger, de faire de leur expatriation une réussite, à travers des témoignages. Alors évidemment, j’interrogerai aussi l’expatrié sur la manière dont il ou elle s’est adapté(e) à l’étranger. Mais Expat Heroes, c’est pas un énième guide, même si l’interviewé nous aidera à déchiffrer les codes culturels du pays, l’ambition d’Expat Heroes c’est d’être LE podcast inspirant pour s’adapter et se réaliser à l’étranger. On a besoin de bien s’adapter pour pouvoir se réaliser. Mais c’est l’accomplissement personnel en expatriation qui est le sujet principal du podcast.  Qui mieux que celui qui vit à l’étranger pour en parler ! C’est justement pour ça que j’ai choisi le média podcast. Le podcast c’est comme la radio, on parle à l’oreille des gens, on a beaucoup d’émotions qui passent dans la voix. Et je me rappelle les rencontres réconfortantes que j’ai connues en expat. Elles se passaient toujours en face à face, autour d’un bon café. Donc, ce que j’imagine pour Expat Heroes, c’est que, quand tu écoutes le podcast, c’est comme si tu étais avec l’interviewé et moi à discuter dans un café. Et puis le podcast c’est le média du futur, c’est innovant parce qu’on peut l’emporter partout avec soi. Ca s’appelle la balado diffusion. C’est-à-dire qu’on peut s’abonner gratuitement au podcast sur iTunes et on peut écouter l’émission où on veut quand on veut, en se baladant, en cuisinant, en faisant du sport… Donc c’est un média qui colle de plus en plus, je trouve, au mode de vie des gens qui sont constamment en mouvement.

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ExpatValue: Comment as-tu structuré ton projet ?

Cristina: D’abord, j’ai vérifié que ce projet pouvait tenir la route et devenir un business. Donc j’ai fait mes recherches l’été dernier, j’ai beaucoup bouquiné. J’ai appris que le podcast faisait fureur aux Etats-Unis, qu’il y avait un vrai business du podcast là-bas à travers le sponsoring et le crowdfunding, c’est-à dire que les internautes financent eux-mêmes les podcasts qu’ils aiment. En France, les podcasts des grandes radios françaises comme Radio France, Europe 1 et RTL ont connu un boom ces 5 dernières années. 2 millions de personnes écoutent régulièrement la radio en replay sur internet chaque mois. Et le nombre de téléchargements a été multiplié par quatre, avec près de 70 millions par mois début 2016. Donc c’est énorme. Et puis il y a des podcasts indépendants qui apparaissent, comme par exemple La Poudre, le podcast de Lauren Bastide, ex rédactrice en chef du magazine Elle. En même temps, le nombre de français expatriés est en augmentation, 4% de plus entre 2015 et 2016 avec 2 millions d’expatriés dans le monde. Alors j’ai publié une enquête courte sur le groupe Expat value pour vérifier si la communauté expatriée était intéressée par le projet, si les gens écoutaient des podcasts ou non (en octobre 2016). Combien de temps ils étaient prêt à écouter le podcast et quels thèmes les intéressaient. Les réponses de l’enquête m’ont permis de valider l’idée et surtout de définir le format et le contenu du podcast. Ensuite, j’avais une copine web designer qui m’a fait un prix pour l’identité graphique, une autre qui m’a fait accoucher du nom de marque Expat Heroes. J’ai déposé le nom de marque. Je me suis formée
en trouvant une formation sur udemy à la création de podcasts et en autodidacte sur WordPress. J’ai choisi quelques amis cobayes pour m’exercer. Et puis voilà 6 mois après, en mars 2017, Expat Heroes est né avec 3 interviews.

Maintenant, la priorité pour moi c’est de faire connaître le podcast Expat heroes qui est 100% gratuit, on verra ensuite pour le monétiser. Si j’y parviens tant mieux. Sinon, ce sera dans tous les cas une formidable expérience à faire valoir auprès d’un employeur je pense.

ExpatValue: Tu as parlé du nom de marque Expat Heroes. Pourquoi avoir choisi ce
nom? Et tu as insisté sur le fait que vie n’était pas « Expat Hero » au singulier mais qu’il y avait un « s » ?

Cristina: Il n’y a pas un ou une Expat Hero. On est tous et toutes des Expat Heroes. Qu’on soit à l’initiative du départ ou conjoint suiveur, qu’on ait décidé de monter une entreprise, de reprendre ses études, de rester au foyer s’occuper de ses enfants, on est tous et toutes confrontés aux mêmes obstacles. On grandit, on se surpasse, on s’étonne en expatriation, on se découvre. Et c’est en cela qu’on est tous et toutes des Expat Heroes. En fait, j’avais envie de tordre le cou aux clichés qui collent à l’expatriation. Souvent on pense que les gens qui vivent à l’étranger et particulièrement les conjoints suiveurs sont en vacances 365 jours par an. Ce que je veux montrer avec Expat Heroes, c’est la réalité de l’expatriation loin des clichés. Mettre en lumière des témoignages, des parcours qui affirment à quel point l’expatriation peut être enrichissante d’un point de vue personnel mais difficile aussi avec plein d’obstacles à surmonter. Pas que la barrière de la langue, le choc culturel ou les aspects pratiques et administratifs. On lutte avec la solitude, on a la nostalgie de son pays et de ses proches. On essaie de se retrouver une place ailleurs, son couple subit une épreuve aussi, de retrouver des repères, se reconstruire un chez soi. Et au final, c’est à l’intérieur de soi qu’on se reconstruit. On s’ouvre aux autres, notre tolérance se développe. Donc le masque que vous voyez dans l’avatar de Expat heroes c’est ça. Le masque, ça correspond d’abord à l’étiquette d’expatriés qu’on nous colle, en idéalisant la vie qu’on peut avoir à l’étranger. En enlevant ce masque, l’expatrié qui témoigne dans le podcast, il dit au monde entier: regarde qui je suis vraiment, ce n’est pas si simple de vivre à l’étranger, tu devrais essayer, ça m’a grandi. Et puis le masque on peut aussi le mettre, et là ça désigne tous les super pouvoirs, en quelque sorte, qu’on acquiert en expatriation, toutes ces capacités d’adaptation qu’on développe et qui étaient jusque là complètement inexploitées, et puis ce sentiment d’accomplissement personnel qui nous habite.

ExpatValue: Concrètement, comment peut-on écouter le podcast Expat
Heroes?

Cristina: D’abord je voudrais dire que les personnes qui écouteront Expat Heroes
auront un mardi sur 2, environ 35 minutes d’interview d’une personne installée à l’étranger qui racontera d’abord en quoi l’expatriation a changé sa vie, qu’est-ce qu’il ou elle a réalisé au niveau personnel ou professionnel et ensuite qui apportera les clés pour bien s’adapter dans son pays d’accueil, c’est-à dire aussi bien les aspects pratiques (où se loger, où scolariser les enfants, etc.) que les codes culturels du pays à connaître pour bien s’intégrer. Avec Expat Heroes, vous aurez du vrai (à travers le témoignage d’un français qui vit à l’étranger), du concret (à travers les aspects pratiques pour bien s’installer dans le pays d’accueil) et surtout de l’inspiration (avec l’exemple d’un expatrié qui s’est réalisé à l’étranger).

C’est beaucoup plus simple qu’on ne le croit pour écouter le podcast Expat Heroes. Il suffit d’aller sur http://expat-heroes.com. Et pour les plus geeks d’entre vous, vous pouvez vous abonner gratuitement au podcast sur iTunes pour pouvoir le réécouter sur votre iPhone avec l’application podcasts, où vous voulez quand vous voulez !

ExpatValue: Merci Cristina pour cette interview et bravo pour ce beau projet. Expat Value est ravi de promouvoir Expat Heroes. Nous avons d’ailleurs créé un partenariat ensemble. Chaque mois, Expat Value relayera un des épisodes du podcast Expat Heroes dans lequel des expatriés témoigneront notamment de leur carrière de conjoint expatrié.

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