Artiste entrepreneur : un projet en accord avec ses valeurs

marie2Dans cette interview Marie Sand nous explique pourquoi elle a choisi de devenir artiste entrepreneur. L’expatriation a-t-elle été un déclic pour elle? Comment a-t-elle défini son choix artistique? Quels sont ses conseils? Vous souhaitez découvrir cette expat’artiste? Alors voici son témoignage. 

Quel est votre parcours professionnel avant cette expatriation en Italie?

J’ai travaillé douze ans au World Wildlife Fund dont plusieurs années aux Etats-Unis. Pendant cette période, j’ai voyagé. J’accompagnais des pays comme Madagascar, la Namibie ou la Malaisie à développer des mécanismes de financement durable pour la protection des ressources naturelles. Avant de rejoindre le WWF, j’ai travaillé en France pour une PME européenne suédoise et une multinationale américaine.

Mon parcours professionnel est intimement lié à ma vie personnelle. En effet, à 25 ans, j’ai eu un cancer qui m’a fait comprendre mon extrême sensibilité, ma vocation de peintre et d’environnementaliste. Mon activité actuelle et mon parcours au WWF ont découlé de cette maladie qui a changé ma vie d’une façon très positive, paradoxalement. Si on remonte à l’étymologie de crise, on trouve le mot grec krisis qui signifie jugement, décision et par extension un moment clé. En d’autres termes, l’idée de douleur et d’opportunité. Je crois que je suis vraiment née à ce moment-là!

Pourriez-vous présenter en quelques lignes votre activité actuelle?

liberteJ’ai créé le concept de  portrait émotion™ à partir de ma propre expérience. J’interprète ce que les gens ressentent pour les chevaux et la nature en peinture et en dessin. Pourquoi les chevaux ou la nature ? Parce qu’ils se font le miroir de notre sensibilité. Je travaille essentiellement sur commande pour créer une œuvre unique. Tout commence par un entretien au cours duquel le commanditaire partage ses émotions. Ses perceptions, son ressenti sont les matières premières de ce qui va devenir son œuvre.

Pourquoi avoir choisi de vous consacrer à la peinture pendant votre expatriation?

Ce n’est pas l’expatriation qui m’a décidée à me consacrer à la peinture mais elle m’a aidée. D’abord parce que mon conjoint a été un soutien majeur dans ma décision. Je lui en suis extrêmement reconnaissante. Et ensuite l’expérience de l’expatriation et les qualités que l’on doit développer m’ont certainement aidée à sauter le pas.

Vous seriez vous lancée dans cette activité sans être expatriée?

cheval_rougeOh oui tout à fait ! Mais l’expatriation m’a aidée à deux niveaux : mentalement et pratiquement. Devenir environnementaliste et vivre aux Etats-Unis m’ont appris que si je voulais, je pouvais. Que tout changement est possible. C’est une question de désir authentique, d’énergie et de patience. Et de façon pratique, j’ai trouvé aux Etats-Unis la force de me remettre aux pinceaux, la Washington Studio School et un environnement qui a favorisé ma créativité. Ensuite les opportunités ont fait le reste. J’ai profité de l’alignement des étoiles ! Ainsi, mon conjoint a eu cette proposition de poste en Italie, à Rome, au moment où je subissais une réorganisation (ou désorganisation selon le point de vue ;-)) Nous avons pris cet événement comme un signe positif et nous avons passé un contrat avec mon époux : trois ans pour développer mon entreprise créative et voilà !

Que vous a apporté le coaching « comment développer son entreprise créative » que vous avez suivi?

Beaucoup. J’ai gagné du temps et de la confiance.

Du temps en prenant le temps justement. J’ai mis des mots sur ce qui me fait me lever chaque matin: encourager les personnes sensibles à exprimer ce qu’elles ressentent. J’ai mieux compris le rôle des chevaux et de la nature dans ma démarche.

De la confiance car j’ai compris que ma sensibilité était mon bien le plus précieux. Baudelaire disait Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c’est son génie. Forte de cette confiance, j’ai pris mon courage à deux mains pour travailler en direct avec les gens et c’est tellement plus enrichissant pour moi. Je ne compte pas sur le marché de l’art et l’establishment. Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent d’exister en tant qu’artiste. Ensuite c’est une question d’accepter de développer son approche. J’ai aussi appris à dire non et à poser les limites.

Que vous apporte cette activité? 

panique_vs_salutMDUn dépassement perpétuel. Et une vie en accord avec mes valeurs : respect et authenticité. Lorsque l’on est sensible et que l’on ressent de façon aiguë son environnement, il est facile de verser du côté obscur de la force. On se referme, on fait le déni de ses émotions, on est dans le contrôle et on s’éteint à petit feu. Chaque portrait émotion™ est une opportunité pour moi de rencontrer d’autres personnes qui aiment la nature et de parler de ce qui nous importe : notre relation avec le cheval, avec la nature et une vraie rencontre, authentique où la sensibilité est un trésor de subtilité et d’émerveillement. Un très beau cadeau ? Relire les témoignages de mes clients.

Je profite de cette occasion pour lancer un appel à rencontres justement, ou plutôt à interviews. Si vous êtes passionnés de chevaux et/ou de nature et que vous avez une histoire particulière à raconter, contactez-moi car je fais des podcasts audio de ces témoignages. Ils sont source d’inspiration pour moi. Un exemple ici http://www.mariesand.com/fr/project/un-evenement-inattendu/

Considérez-vous que ce soit une activité professionnelle?

Si je n’avais pas bénéficié de coaching, cette question m’aurait énervée ! Rires… Pour tout un tas de raisons, l’art est perçu comme un monde à part. Idéalisé tout autant que méprisé. Entre les œuvres qui n’ont pas de prix, l’artiste maudit miséreux incompris et celui qui vend son âme au diable car il remporte du succès, le coaching m’a aidé à me débarrasser de ces croyances limitantes. Pour ma part, je me considère comme une artiste entrepreneure au sens où je partage mon temps entre la création et le développement de mon activité. La particularité est que j’ai des obligations de résultats pour la partie développement mais pas pour la partie création. J’organise mon temps autour des exigences de lâcher prise qu’impose la création.

Quels seraient vos conseils aux conjoints expatriés qui souhaiteraient comme vous se lancer dans un tel projet d’entreprise créative? 

Il y a des choix à faire.

  • Le premier est de décider si l’on veut être artiste professionnel ou amateur. Et contrairement à une idée reçue, pratiquer l’art en amateur ne fait pas de vous un « artiste de seconde zone ».
  • Si votre vocation d’artiste professionnel est impérieuse, prenez le temps de savoir qui vous êtes. Quelle est votre raison d’être en tant qu’artiste ? C’est à partir de là que vous pourrez valoriser ce que vous faites.
  • Et enfin, il est impératif d’accepter que les chances qu’une personne viendra vous découvrir et vous chercher sont relativement faibles ! Se faire connaître réclame un savoir-faire, de la constance et du professionnalisme. Mais la bonne nouvelle : ça peut être très créatif.

Pour en savoir plus sur Marie Sand 

Propos recueillis par Blandine Lavaux