Trouver un emploi salarié aux US, comment s’y prendre?

United States. Find Job  ConceptTrouver un job aux Etats-Unis? Mission impossible? Parcours du combattant? Ou au contraire, aussi facile que d’y monter un business?

Voici 2 parcours de conjoints expatriés, Sophie et Mireille, qui ont chacune réussi à trouver un emploi salarié. Elles nous font part de leurs parcours et de leurs conseils.

Sophie – US, Dallas au Texas – Event Manager
17175969_10155119929109181_931403754_oComment as-tu trouvé cet emploi?
J’ai répondu à une offre d’emploi sur le site de l’entreprise, j’ai participé à une job fair en lien avec ce job et j’ai passé un test en ligne.

Quelles ont été les démarches administratives nécessaires (visa etc..)?
J’ai un visa L2 rattaché à mon mari. J’ai fait une demande de permis de travail qui a pris 3 mois et demi avant d’être validée. Avant cela, j’ai du demander un social security number avant de faire toute les démarches. Cela a pris 3 semaines après la demande légale au bureau local.

Ton diplôme et tes expériences françaises ont-ils été reconnus et pris en compte?
A l’époque, mon « back ground » était: un BTS hôtellerie restauration, 8 ans d’expériences en tant qu’Event Manager et 3 ans en tant que CEO.
Mes expériences ont été reconnues et plutôt appréciées. Et la french gastronomie m’a pas mal aidée.

Quelles ont été les difficultés dans cette expérience professionnelle?
Ma plus grand difficulté: l’adaptation à un type de management très différent de la France. Chacun a des tâches bien spécifiques et ne peut pas empiéter sur le territoire de l’autre sinon c’est très mal vu. Il faut rester dans cette case et ne pas en sortir. J’ai peu ressenti d’esprit d’équipe: chacun est invité à rester dans son coin et à faire son travail.
La barrière de la langue a été frustrante. Pas facile au départ, quand tu essayes de défendre ou d’expliquer ton point de vue ou pour faire des blagues de second degrés…

Quels sont les points forts de cette expérience?
Une immersion complète en terre inconnue et apprendre plein de nouvelles choses tous les jours: ceux sont les vraies richesses de cette expérience.
J’ai eu le privilège de travailler dans un lieu où tous les jours est un jour unique: je travaille pour l’équipe NFl des Cowboys de Dallas.
Je peux aussi mettre en valeur la french touch et notre savoir faire français

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui cherche un travail salarié aux US?
Si j’avais des conseils à donner:

  • Alterner recherche de job en ligne, job fair et NETWORKING: beaucoup d’offres d’emploi ne sont pas en ligne et ne le seront jamais.
  • Tenir à jour un tableau récapitulatif avec les offres d’emploi auxquelles on répond
  • Faire des webinars sur son domaine pour enrichir son vocabulaire
  • Participer à des salons ou conférences dans son domaine pour savoir comprendre les rouages de son métier dans son nouveau pays
  • Mettre à jour son profil Linkedin
  • Se faire des cartes de visite business pour le networking.

Quel niveau d’anglais était nécessaire et quel moyen as-tu mis en oeuvre pour avoir le niveau d’anglais?
J’avais un niveau d’anglais moyen. J’ai participé à des webinars en ligne pour enrichir mon vocabulaire. J’ai également fais du networking ce qui m’a permis de décoincer quelques craintes, peurs avant des entretiens.

 

Mireille – US, Ohio – Manager d’équipe puis chef de département dans deux grandes entreprises industrielles

Capture d_écran 2017-03-08 à 15.18.51Comment as-tu trouvé ces emplois?
Mon premier job aux US, c’est de France que je l’ai trouvé, dans une autre entité du groupe américain dans lequel je travaillais déjà. Même si j’avais une recommandation de mon chef, il a fallu que j’aille sur place passer des entretiens et convaincre!
Le deuxième emploi salarié, c’est par un copain qui bossait dans cette boite. Mais je n’ai, là aussi, bénéficié d’aucun traitement de faveur. C’est parce que mon CV collait parfaitement que j’ai été embauchée.
Quelles ont été les démarches administratives nécessaires (visa etc..)?
Je bénéficiais du visa L2 en tant qu’épouse. Il donne droit à un permis de travail qu’il faut demander séparément. Il m’a fallu attendre un mois pour obtenir mon permis de travail.
 
Ton diplôme et tes expériences françaises ont-ils été reconnus et pris en compte?
Mon diplôme ne voulait rien dire pour eux mais je l’ai traduit par un niveau equivalent. C’est surtout mon experience professionnelle qui a compté: les entreprises, pour lesquelles j’avais travaillé auparavant, sont connues à l’international. Cela a certainement fait la différence!
Pour obtenir mon second job, mon parcours professionnel a été déterminant. L’entreprise étant française, les managers ont vu l’intérêt d’avoir une française dans leur équipe qui pourrait faciliter la communication avec le siège.
Quelles ont été les difficultés dans cette expérience professionnelle?
Ma premiere difficulté a été le management d’équipe dans un pays dont je ne maitrisais pas les codes sociaux. J’ai commis beaucoup de maladresse. Le droit du travail est aussi très différent. Ce qu’on peut dire et ne pas dire à un employé, cela s’apprend. Le concept de discrimination est présent en permanence et j’avais au début l’impression de marcher sur des oeufs.
Quels sont les points forts de cette expérience?
Acquérir un autre niveau d’anglais! C’est une chose de savoir se débrouiller en anglais et une autre de travailler 100% en anglais avec des gens du cru ou des étrangers qui ont chacun leur propre façon d’utiliser l’anglais. Au début, cela m’a demandé beaucoup d’efforts et c’était épuisant!
Apprendre un autre style de management a été une vraie richesse.
Et bien sûr, les rencontres formidables…
Quels conseils donnerais-tu à ceux qui cherchent un emploi salarié aux US?
Il faut y croire! Les USA sont un pays où les « achievements » sont plus justement valorisés que les diplômes.Il ne faut pas hésiter à se vendre. Les américains sont très forts pour cela. Il faut montrer de la confiance en soi en premier lieu. Si vous vous trouvez prétentieux en France, vous êtes sans doute dans le ton juste aux US 🙂
Quel niveau d’anglais était nécessaire, et quels moyens as-tu mis en oeuvre pour avoir le niveau d’anglais?
Il etait indispensable de maitriser l’anglais. J’avais un niveau jugé très bon avant de partir ce qui ne veut pas dire que je n’avais pas besoin de l’améliorer. Les expressions, le jargon technique, et surtout comprendre tous les accents locaux….Tout cela s’est fait pendant les premiers mois.
Une anecdote à partager de cette expérience?
Mille anedoctes plutôt! Je retiens celle de la pause café. J’invite des collègues à un café et la plupart me répondent « non merci ». Finalement, quelqu’un accepte et me voilà ravie! Nous marchons ensemble jusqu’à la machine. Il remplit sa tasse et retourne s’assoir à son bureau….Aux US, un café, c’est un café. Ce n’est pas 15 minutes d’échange autour de la machine à café….
Propos recueillis par Blandine Lavaux