Guide pratique pour l’expatrié qui souhaite publier son livre

Hardcover book lying on the table in a libraryCa y est, votre manuscrit est terminé. Et maintenant, comment s’y prendre pour que votre ouvrage soit publié ? Dans ce 2ème épisode de notre série d’articles sur « Ecrire un livre pendant mon expatriation, comment faire? », Véronique Martin Place de Writer Forever partage avec vous ses conseils et les pièges à éviter dans le choix de son contrat d’édition.

N’oubliez pas l’étape de la relecture / correction !

Parfois négligée par les auteurs, c’est un moment essentiel. Mireille Heurterize, relectrice-correctrice professionnelle, nous rappelle que la relecture-correction est l’ultime étape de finition de l’œuvre: « en étant assurée par un correcteur professionnel formé, la correction permet de s’assurer que le texte est enfin prêt pour la publication, vierge de toute faute. En effet, l’auteur, pleinement investi – à juste titre – dans son texte, n’a pas le recul nécessaire pour une relecture objective et vigilante. Le correcteur professionnel est rompu à la lecture signe-par-signe. Cette méthode de lecture très spécifique permet de ne laisser passer aucune faute. Au-delà de la correction simple (typographie, orthographe, grammaire, ponctuation, coquilles, bon usage des espaces, présentation des dialogues…), le correcteur professionnel est à même de procéder à une relecture approfondie qui permet de repérer des pléonasmes, des redondances, des contradictions, des incohérences, des anachronismes et – avec l’accord de l’auteur, et dans le respect de son style – de proposer la réécriture de certains courts passages. »

Les correcteurs/relecteurs que nos écrivains expatriés vous recommandent

Nom de la société Type de services proposés
À mots déliés – Florence Clerfeuille Biographe, correction de manuscrits
Néoplume – Séverine Mallet Écrivain public, correctrice, rédactrice
Sandawe Relecture, conseil, graphisme
Envie d’écrire Diagnostic littéraire, relecture, accompagnement à l’écriture.
Plume d’Argent Site d’écriture communautaire. Relecture et commentaires en temps réel par la communauté de lecteurs/auteurs
WattPad Site d’écriture communautaire. Relecture et commentaires en temps réel par la communauté de lecteurs/auteurs
Mireille Heurtebize – Agence de relecture-correction professionnelle * Relecture simple
* Relecture approfondie
* Relecture des travaux traduits de l’anglais et de l’allemand vers le français
* Recherches documentaires et archivistiques complémentaires, vérification des sources
* Saisie des manuscrits
* Travaux de mise en page
* Bibliographie

Témoignages

« Avec du recul, je trouve que ce type de service est indispensable (quand on n´a pas une personne du métier ou prof de français susceptibles de vous relire). On laisse toujours passer des fautes et c´est très agréable après coup !! ». Ambre F. Equateur
« Personnellement une fois mon manuscrit terminé, je l’ai envoyé a une quinzaine de personnes de mon entourage dont je savais qu’elles me feraient des retours honnêtes. Mais faire relire par des tiers est indispensable avant d’envoyer son manuscrit aux éditeurs : lorsqu’on a le nez sur son travail, on manque du recul nécessaire pour voir certaines choses. Sinon pour une version plus 2.0, vous pouvez vous inscrire sur une communauté d’écritude en ligne, comme Plume d’Argent ou WattPad : ce sont les autres lecteurs/auteurs de la communauté qui vous relisent et vous donnent leur avis en direct. Ces plateformes sont de bons moyens de se faire repérer par les éditeurs, qui les surveillent à la recherche de « pépites » ! Bénédicte Parry – Auteur des romans Oniria

 

L’édition: pour que votre manuscrit devienne un livre

LesestoffIl existe trois possibilités pour faire de votre manuscrit un livre :

  • se faire éditer par une maison d’édition traditionnelle et signer avec elle un contrat à compte d’éditeur ;
  • se faire éditer par une maison d’édition et signer un contrat à compte d’auteur. Les anglo-saxons parlent dans ce cas de Vanity-publishing ;
  • s’auto-publier et choisir de rester libre et de contrôler son projet du début à la fin.

Véronique Martin Place de Writer Forever nous explique les différences entre chaque type de contrat d’édition. Lorsque l’on est novice, la difficulté est d’arriver à faire la différence entre les deux premières possibilités car il existe vraiment de tout aujourd’hui dans le secteur de l’édition. À part les grandes maisons d’édition connues et reconnues qui proposent des contrats à compte d’éditeur, il faut rester extrêmement vigilant lorsque l’on vous propose un contrat d’édition car un contrat à « compte d’auteur » n’est pas un contrat d’édition, d’après l’article L 132-2 du code de la propriété intellectuelle.

Ce qu’il faut savoir lorsqu’un éditeur vous propose un contrat.

  • Le contrat d’édition à compte d’éditeur

Dans le cadre d’un contrat d’édition à compte d’éditeur, l’auteur cède le droit d’exploiter son oeuvre à l’éditeur qui en échange est tenu de la fabriquer, de la publier et de la diffuser. En contrepartie, l’auteur de l’œuvre reçoit une rémunération en droits d’auteur (des royalties allant de 5 à 15% du prix du livre) et dans certains cas une avance (c’est rare!). L’éditeur prend donc un risque financier en pariant sur un auteur et son oeuvre. C’est pourquoi, en amont, les éditeurs (les vrais) sont très sélectifs dans le choix des auteurs qu’ils vont publier. Si vous franchissez la barrière du comité de lecture de ce genre de maison d’édition, un vrai travail de collaboration se met en place entre vous, l’auteur, et l’éditeur : correction, réécriture, amélioration du manuscrit, design intérieur du livre, couverture, etc., tout cela est pris en charge par la maison d’édition. L’auteur ne débourse pas un centime.

Astuce : consultez des ouvrages des maisons d’édition que vous ciblez et vérifiez dans les premières pages du livre si en face du © (« copyright ») se trouve le nom de la maison d’édition. Si c’est le cas, c’est que l’auteur a signé un contrat à compte d’éditeur et donc un vrai contrat d’édition.
  • Le contrat d’édition à compte d’auteur

Dans le cadre d’un contrat d’édition à compte d’auteur, l’auteur conserve l’intégralité de ses droits d’auteur. Ces maisons d’édition sont alors davantage des prestataires de services : l’auteur paie pour la relecture, les corrections, le design intérieur du livre, la couverture, etc. autrement dit la conception, la fabrication et la publication du livre. La diffusion et la promotion revenant également à l’auteur, ces maisons d’éditions ne prennent donc aucun risque financier en publiant des auteurs puisque ce sont ces derniers qui paient pour chaque étape de la production du livre. Dans ce contexte, puisque l’auteur conserve la totalité de ses droits d’auteur et qu’il paie pour la fabrication et la publication de son livre, il devrait toucher la totalité du prix de vente de celui-ci, ce qui n’est pas toujours le cas puisque certains éditeurs à compte d’auteur se prélèvent un pourcentage sur les ventes de livre ! De plus, si dans ce type de contrat, il est mentionné que vous devez acheter X exemplaires de votre propre livre, il est fort probable qu’il s’agisse d’un contrat à compte d’auteur. D’une manière générale, à partir du moment où l’on vous demande de payer quoi que ce soit, c’est qu’il est fort probable qu’il s’agisse d’un contrat à compte d’auteur. Méfiance ! Cependant, si vous n’avez pas pour objectif de diffuser votre ouvrage de manière publique, et que vous souhaitez l’éditer dans un cadre personnel et privé, le contrat d’édition à compte d’auteur est tout à fait adapté.

Astuce : dans les premières pages d’un livre, si en face du © (« copyright ») se trouve le nom de l’auteur, c’est qu’il conserve l’intégralité de ses droits d’auteur et qu’il a donc signé un contrat d’édition à compte d’auteur, peut-être parfois sans le savoir !
  • L’auto-édition

Enfin, la dernière solution est celle de l’auto-édition. Ce choix est celui de la liberté car il permet aux auteurs de contrôler à chaque étape le processus de conception et de publication de leur livre. Choisir cette voie ne signifie pas forcément tout faire soi-même. Il est possible et même conseiller de déléguer certaines tâches qui nécessitent le travail d’un professionnel comme : la relecture et la correction du manuscrit, le design intérieur du livre, le design de la couverture.

Cette option a malgré tout un coût (jusqu’à environ 1000 € selon les choix faits) mais au moins, l’auteur sélectionne lui-même ses prestataires, décide de son budget et de la rapidité du processus de publication de son livre. Surtout, il conserve ses droits sur sa création littéraire et touche l’intégralité des ventes de son livre. Il lui revient aussi de réaliser certaines démarches administratives comme obtenir un numéro ISBN (voire même plusieurs d’un coup) auprès de l’AFNIL (c’est gratuit !), le code barre correspondant à l’ISBN pour le quatrième de couverture et faire un dépôt légal auprès de la BNF une fois le livre publié. Le plus gros travail reste finalement à faire connaître l’existence de son livre. C’est la partie la plus difficile et la plus chronophage.

S’auto-éditer, c’est la plupart du temps faire le choix du livre numérique… sans pour autant se couper d’un lectorat qui préfère le papier grâce à l’impression à la demande. Cela permet ainsi de vendre son livre dans les deux versions (papier et numérique) sur des plate-formes très connues en France et à l’étranger, sans avoir à stocker son livre en version papier chez soi !

Certains critiquent les auteurs qui s’auto-publient car ils les voient comme des auteurs refusés par l’édition traditionnelle. Or s’auto-éditer, si l’on fait les choses de manière professionnelle, c’est trouver son lectorat sans attendre qu’un comité de lecture veuille bien lire votre manuscrit. Cette solution permet également de se faire remarquer par les éditeurs traditionnels qui sont à la recherche de nouveaux talents motivés et pro-actifs et qui lorgnent donc très régulièrement du côté des auteurs indépendants pour racheter leurs droits et les publier de manière traditionnelle. En France, cette belle histoire est arrivée à plusieurs auteurs :

  • Agnès Martin-Lugand, dont le premier roman a été auto-édité sur KDP (Kindle Direct Publsihng) d’Amazon et repéré par les éditions Michel Lafon chez qui elle a publié tous ces autres romans ;
  • Aurélie Valognes a écrit son premier roman en 2014 Mémé dans les orties alors qu’elle vivait à l’étranger. Elle choisi de s’auto-éditer sur KDP et sera également repérer par Michel Lafon.

Autrement dit, l’auto-édition est une aventure personnelle et professionnelle car elle permet de développer de réelles compétences (créativité, entreprenariat) mais aussi des passerelles vers l’édition traditionnelle.

Ne signez pas un contrat les yeux fermés.

Executive hands indicating where to sign contractLisez et relisez le contrat qui vous est proposé. Sachez que tout est négociable… tant que vous n’avez pas signé ! De plus, vous avez le droit de dire non si les termes du contrat ne vous conviennent pas. Si vous avez un doute sur le contrat qu’une maison d’édition vous propose, demandez conseils auprès des organismes suivants :

Pour information, le CPE a publié en 2007 un livret intitulé Le contrat d’édition. Comprendre ses droits, contrôler ses comptes. S’il date un peu, ce document est un excellent point de départ pour comprendre le monde de l’édition mais aussi vos droits et devoirs en tant qu’auteur. Il est à compléter par la lecture du Contrat d’édition commenté réalisé par le CPE et la SGDL en 2014 et des Dix recommandations aux auteurs pour des relations juridiques plus équilibrées avec les éditeurs du SNAC.

De plus, les choses évoluent vite dans le monde de l’édition, dans le bon sens comme dans le mauvais. De petites maisons d’édition ferment, d’autres évoluent vers d’autres formes. Si certains éditeurs sont malhonnêtes, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Il est donc important de faire son travail de recherche en amont en visitant les sites internet, en consultant les pages Facebook et en lisant les commentaires d’utilisateurs qui peuvent être faits, en contactant des auteurs du catalogue pour avoir leurs avis sur leur maison d’édition. Se faire éditer est un travail de fourmi, comparable à une recherche d’emploi. Cela prend du temps, il faut cibler, enquêter et vérifier. Bref, c’est un vrai job !

 

capture-decran-2017-01-13-a-11-42-59Article réalisé par Véronique Martin-Place de Writer Forever 

Coach et animatrice d’Ateliers d’écriture à distance

 

Avec la participation de:

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