Catherine Allibert: de Chef de Projet Multimédia à Accompagnatrice dans le monde de la langue française

catherine-allibert_expatvalue_dec2016Expat Value: Bonjour Catherine. Avant de devenir accompagnatrice dans le monde de la langue française, quel a été ton parcours professionnel ?

Catherine A.: Je pourrais définir mon parcours par un simple mot: atypique. J’ai commencé en tant que monteuse vidéo. Puis, à l’heure où Internet se développait, j’ai pris le tournant et me suis intéressée à ce « World Wide Web ». J’ai eu l’opportunité de travailler dans une petite entreprise qui proposait des formations à distance pour les professionnels de santé. Cette expérience fut très riche : elle m’a permise de développer mes connaissances techniques, mais aussi de m’initier à l’ingénierie pédagogique. Malheureusement, suite à notre expatriation aux États-Unis, cette collaboration n’a pas pu continuer. J’ai donc réfléchi pour prendre un nouveau tournant. Et j’ai alors décidé d’embrasser ma passion : l’écriture.

Expat Value: Comment as-tu vécu cette période de transition entre ta vie professionnelle d’avant et la naissance de ton projet « Une Histoire de Ninjas et de Samouraïs »

Catherine A.: Cette période entre l’arrêt de ma collaboration avec mon précédent employeur et ma nouvelle activité a été assez difficile, il faut bien l’avouer. Une fois la page tournée, je me suis mise à réfléchir sur tout ce que je pouvais faire. Chaque matin, je me réveillais avec une foule de nouvelles idées et je me rendormais en me disant que «non, ce n’est pas possible!». Pour sortir de ce cercle vicieux, j’ai pris la décision de me faire aider. Décision délicate ! C’est quelque part s’avouer que l’on n’y arrive pas seule!. Mais je ne le regrette vraiment pas. Cet accompagnement m’a permis de briser bien des barrières que je m’étais moi-même mises. Il m’a donné l’audace d’essayer. Il a clarifié mes objectifs. L’entreprenariat n’était pas évident pour moi. Mais j’ai rencontré d’autres entrepreneures qui m’ont confortée dans le fait que c’était possible ! Il n’y a donc pas eu un seul élément déclencheur mais un ensemble d’éléments. Et un environnement « yes, we can » qui a aussi beaucoup aidé !

 Expat Value: Peux-tu nous expliquer comment tu accompagnes les enfants dans le monde de la langue française?

Boys in images traveler and pilot play in his roomCatherine A.: La mission que je me suis donnée est de faire aimer la langue française aux enfants expatriés. Je propose donc une aventure folle : leur faire écrire un livre ! Oui, un livre ! Avec des personnages captivants, des intrigues à couper le souffle, des univers fabuleux. L’imagination des enfants est incroyable. En me basant sur elle, et en appliquant la méthode que j’ai mise en place, je les fais écrire, je les fais rechercher le mot juste, je les fais améliorer leur style pour les aider à faire passer leurs idées. Je suis persuadée que c’est par la pratique qu’on apprend le mieux ! Mes accompagnements se découpent en trois phases : la première est la conception, la deuxième la création et la dernière la relecture ! Et au bout de l’aventure, un livre imprimé qu’ils peuvent tenir dans leur main !

Je propose aussi un éventail d’autres solutions pour jouer avec la langue de Molière. « Les P’tits Défis » est un programme autonome autour de défis d’écriture à relever en deux mois. Mes ateliers personnalisés et individuels permettent à un enfant d’écrire en tête-à-tête avec moi, lors de séance par Skype, autour de thèmes qu’il aime. Toutes ces offres sont le fruit de riches discussions avec des parents expatriés (encore merci à eux !).

Et puis, il n’y en a pas que pour les enfants ! J’organise – cette fois en chair et en os ! – des ateliers d’écriture sur Grenoble. Le principe du « Walk and Write » est d’allier balade dans la ville et écriture. Une expérience originale, pleine de bonne humeur et source de créativité !

Expat Value: Mais dis-moi, c’est quoi cette histoire de ninjas et de samouraïs?

ninja_blancCatherine A.: C’est… toute une histoire ! Ce fut d’abord un récit que j’ai inventé pour mes enfants lors des longs périples en voiture ou pour agrémenter des randonnées qui n’en finissaient pas. Ils l’ont adoré et me l’ont demandé plusieurs fois ! J’ai eu envie d’en faire un livre. Il sortira, je l’espère, très bientôt ! J’ai utilisé ce nom pour mon programme car je trouve qu’il représentait bien mon approche de l’apprentissage d’une langue : la souplesse et l’audace du ninja alliées au respect du code de l’honneur et à la rigueur du samouraï ! J’en ai profité pour surnommer les enfants que j’accompagne « mes p’tits ninjas ». Ils adorent !

Expat Value: Quand tu étais aux États-Unis, sous quel statut juridique travaillais-tu? Et à ton retour en France ?

Catherine A.: Aux USA, j’avais le droit de travailler grâce à mon visa L2. J’ai dû faire une demande d’EAD (autorisation de travail). L’inscription se fait en ligne (il y a un coût si mes souvenirs sont bons), puis j’ai été convoquée pour finaliser le dossier. Il a été ensuite très simple de mettre en place mon entreprise. Je me suis enregistrée en tant que « sole proprietor » auprès de la préfecture (« county ») de ma région. En quinze minutes chrono et pour 25$, j’avais mon autorisation et pouvais commencer tout de suite mon activité! La radiation que j’ai dû faire avant de rentrer s’est déroulée tout aussi rapidement!

En France, le statut de micro-entrepreneur (la nouvelle appellation depuis janvier 2016 pour « auto-entrepreneur ») m’est apparu comme le meilleur choix : la simplicité de la démarche m’a plu! À noter que l’inscription est gratuite! Méfiez-vous de certains organismes qui peuvent vous demande des frais pour vous inscrire!

Vous trouverez liens vers ces administrations à la fin de cet article.

Expat Value: Quels conseils donnerais-tu à ceux qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat ?

Catherine A.: Des conseils ? Je n’ai pas vraiment de conseils. Je leur poserai plutôt des questions:

  • Qu’est-ce qui vous réveille la nuit ?
  • Qu’est-ce qui vous fait vibrer ?
  • Qu’est-ce que vous regretterez, sur votre lit de mort, de n’avoir pas fait dans votre vie ?
  • Pourquoi ne vous lancez-vous pas ?
  • Quels sont vos freins actuellement ?
  • Est-ce que ce ne sont pas seulement des excuses ?

Ce sont des questions difficiles, mais si on répond sincèrement, on touche du doigt le déclencheur de toute une aventure ! Un seul mot d’ordre ensuite : Action !

Expat Value: Et pour la route, tu nous partagerais une anecdote vécue depuis que tu as créé « Une histoire de Ninjas et de Samouraïs »?

Catherine A.: Malheureusement, la confidentialité m’interdit de partager ici mes plus beaux moments! Oui, le club des « petits ninjas » est un club très secret! Mais ce que je voudrais vous partager, c’est le point commun que tous ont lors de mes sessions: une langue qui se délie au fur et à mesure que l’histoire se déroule, des sourcils qui se froncent parfois, un regard plein d’étoiles, des éclats de rire souvent ! Chaque session est un bol de bonne humeur ! (Et ce n’est pas que moi qui le dis !). Je crois que le secret de la réussite de ses sessions d’écriture est dans cette alchimie d’enthousiasme, de bienveillance et d’imagination.

Interview réalisée par  Blandine Lavaux

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