Lisa Delmey : du désir d’écrire à la publication de romans

2016-11-16_10-22-211Expat Value:  Bonjour Lisa. Tu es titulaire d’une maitrise d’Histoire Géo, tu as travaillé en France dans la Fonction Publique. Rien ne te prédestinait vraiment à devenir l’auteure de 3 romans, d’un livre jeunesse et de nouvelles. Est-ce l’expatriation qui t’a permis de te lancer dans l’écriture. ?

Lisa Delmey : Durant ma dernière année d’études, j’avais enseigné le français en collège et lycée; ensuite, j’ai eu en charge le service communication d’une collectivité. Je n’étais jamais très loin de l’écriture. Avec l’arrivée de mes enfants, comme beaucoup de mères, j’ai commencé à inventer des histoires. J’ai eu vent de concours de nouvelles auxquels j’ai participé « en dilettante » avec un certain succès. En 2011, j’ai suivi mon mari en Autriche, pour quatre ans. Cette expatriation a été une opportunité pour moi: j’avais le temps de me consacrer pleinement à l’écriture et un nouvel environnement, source d’inspiration, se présentait à moi.

L’écriture étant une activité très personnelle, (voire intime), les doutes sont permanents, et sans l’encouragement de quelques femmes expatriées, mes romans seraient encore dans des tiroirs ! Valérie, l’une d’entre elles, m’a fait découvrir le Mooc « Draftquest écrire une fiction » ; je remercie aussi Catherine qui m’a proposé de présenter mon premier roman (et le travail d’écriture) aux  adhérents de « Vienne Accueil ». A l’issue de cette rencontre, j’ai pris confiance. Je crois que c’est à ce moment que j’ai cru en ce que je faisais et que j’ai décidé de considérer cette activité comme une activité professionnelle. Je passais mes journée à écrire, jusqu’à parfois 10 heures par jour. Ecrire est une étape, offrir une histoire à des lecteurs en est une autre. La première me donne beaucoup de plaisir, la seconde de la joie. J’ai envie de comparer cela avec le bonheur de partager un gâteau que l’on a mis des heures à confectionner !

Expat Value : Peux tu nous présenter en quelques lignes les différents romans que tu as écris?

2016-11-16_10-23-071Lisa Delmey : « Le grand concours » est mon préféré. Il est très lié à mon expatriation puisque c’est l’histoire d’un ambassadeur, naïf et désinvolte, chargé d’organiser un concours gastronomique entre cuisiniers de diplomates. Je viens de le terminer et je le trouve plus abouti que les autres (l’expérience sans doute !). Il est surtout très drôle, je me suis attachée aux personnages et à l’intrigue très originale. Je me suis beaucoup amusée à l’écrire. Les premiers lecteurs m’ont dit avoir beaucoup ri en le lisant, et cela me réjouit !

« Partie sans laisser d’adresse » est une sorte de journal intime, comme les aiment les filles de 10 à 14 ans! Une jeune ado anglo-autrichienne, mais qui vit à Rome, décide d’aller découvrir le monde. Au cours de son périple extravagant, elle croise plusieurs stars avec qui elle voyage, mais surtout: elle est confrontée à des lieux et des évènements (Soweto, Banghi, piraterie somalienne, Pow Wow…) très actuels. Il a obtenu le 2ème prix Draftquest/librinova en 2016.

« L’Imposture du destin » est un polar psychologique, c’est le premier que j’ai auto-publié. D’après mes lecteurs, le suspense est très présent. Il a obtenu le 3ème prix Draftquest/librinova en 2014.

Ils sont disponibles en format papier (sur Amazon) et en format numérique sur toutes les librairies en ligne.

En tant qu’ « auteur solidaire », je reverse 30% de mes royalties aux associations «Arutam » et « L’enfant bleu ».

Expat Value : Tu as suivi un MOOC « Ecrire une fiction » de Drafquest.  Que t’a apporté ce MOOC dans ton parcours d’Auteure de romans ?

Lisa Delmey : Contrairement à ce que l’on pense, nous Français, l’écriture s’apprend et le travail est plus important que le talent! Le Mooc « Draftquest écrire une fiction » est un outil indispensable pour apprendre. Il passe en revue les éléments essentiels : Comment construire ses personnages ? De quelle manière organiser une scène ? Définir les enjeux de son histoire… Ce Mooc est une base très riche. Chaque année je le suis avec autant d’intérêt. Le prochain est prévu en janvier. Par ailleurs, l’écriture est une activité solitaire. Il est difficile de juger de la qualité de ce que l’on écrit, et il est facile de se décourager face à la tâche. Grâce à ce Mooc, je fais partie d’une communauté d’auteurs bienveillants avec qui les échanges de textes (pour des avis et des relectures), d’exercices (ceux du Mooc) et d’expériences permettent de persévérer, et d’aller jusqu’au bout du projet. En bonus : un concours est organisé à la fin du Mooc !

Expat Value : Comment as-tu fait pour publier tes romans ?

Lisa Delmey : J’ai découvert les plates-formes d’auto-édition d’e-book (bookélis, Lulu, Librinova, Create Space…). Il suffit d’envoyer ses fichiers et la couverture du roman, et le livre est diffusé sur internet. Mais attention : soit le service est gratuit et les plates-formes prennent une commission à chaque vente (70% pour Create Space, du groupe amazon !), soit c’est payant. Généralement, ces plates-formes permettent aussi les éditions papier. L’auteur fixe lui-même le prix, peut commander des exemplaires à prix coûtant, s’il veut en offrir à ses proches. Contrairement à l’édition classique, l’auto-publication nécessite d’écrire, mais aussi de faire le travail d’un graphiste (création de la couverture du livre), d’un éditeur et d’un libraire : correction, promotion et commercialisation. Et ça, c’est beaucoup moins amusant !

Expat Value : Quels conseils donnerais-tu à ceux qui souhaitent se lancer dans l’écriture d’un livre/ d’un roman ?

Lisa Delmey : L’expatriation permet d’oser. Alors, ceux qui en ont envie, il faut se lancer avec confiance. Il y a des bases « techniques » à connaître (suivez le Mooc !), mais il faut surtout faire preuve de ténacité, de patience, ne jamais se décourager. Si cela vous fait un peu peur, avant de vous engager dans l’écriture d’un roman, participez à des concours de nouvelles, il en existe plein. Dites-vous aussi que plus on écrit, mieux on écrit. N’ayez pas peur de montrer ce que vous écrivez (si c’est mauvais, personne ne vous le dira , si c’est bon, vous le saurez !). Autre point : n’écrivez pas pour gagner de l’argent, vous seriez déçus !  Après chaque roman, je me dis que c’est le dernier, car c’est un travail très long et les étapes finales n’ont rien à voir avec la créativité et me sont pénibles (relectures, promotion du livre…). Et puis, finalement je recommence toujours avec autant de plaisir !

Expat Value : Et pour la route, tu nous partagerais une anecdote vécue comme auteure?

Lisa Delmey : J’étais face à ma page blanche, j’avais six personnages aux goûts différents, certains  se détestaient. Ils devaient se mettre d’accord sur une activité commune de cohésion. J’ai cherché pendant plusieurs jours, et puis, d’un coup j’ai trouvé ! Une idée vraiment géniale, tout collait parfaitement, c’était très bien vu, j’en ai sauté de joie ! J’ai écrit ma scène. Plusieurs semaines après, j’ai bouclé la première version du roman. Après plusieurs retours de lecteurs, j’ai dû revoir complètement le ton donné à cette première version, j’ai alors supprimé 50 % de ce que j’avais écrit… dont cette fameuse scène !

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Pour en savoir plus sur Lisa Delmey:

 

Interview réalisée par Blandine Lavaux – Expat Value